Facteurs associés au retard du diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde chez des patients suivis dans trois formations hospitalières de Kinshasa, République démocratique du Congo.

Auteurs

  • Christophe Mulumba cliniques universitaires de kinshasa
  • Pierrot Lebughe
  • Aldo Mavinga
  • Jenny Mbuyi Service de Rhumatologie, Département de Médecine Interne, Cliniques Universitaires de Kinshasa, Université de Kinshasa, RD Congo
  • Gorby Ndaie
  • Jean-Marie Mbuyi-Muamba Service de Rhumatologie, Département de Médecine Interne, Cliniques Universitaires de Kinshasa, Université de Kinshasa, RD Congo

DOI :

https://doi.org/10.62455/4e3r6t49

Mots-clés :

retard diagnostic, Polyarthrite rhumatoïde, Kinshasa

Résumé

Introduction

Les études locales réalisées dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde ont montré des délais très longs de diagnostic de la maladie, avec une durée médiane de 36 à 48 mois. La présente étude avait pour objectif d’identifier les facteurs associés au retard de diagnostic dans l’optique d’une amélioration de la prise en charge.

Méthodes

Il s’agit d’une étude transversale ayant inclus des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde depuis au moins un an et suivis dans trois formations hospitalières de Kinshasa (CUK, SOS médecins des nuits et HBMM) de juin 2023 à février 2024. Les données ont été collectées lors d'un entretien avec le patient et par l’analyse des dossiers médicaux. Le protocole a été approuvé par le comité d’éthique de l’école de santé publique.

Résultats

98 patients présentant une polyarthrite rhumatoïde (PR) ancienne ont été inclus dans l'étude, dont 15 hommes et 83 femmes, avec un sex-ratio H/F de 0,2. L’âge moyen était de 59,45 ± 12 ans et le niveau socio-économique était bas (45,9 %). Un patient sur deux présentait une tuméfaction articulaire. La maladie dura au moins 6 ans chez plus de la moitié des patients (57,1 %). 56,1 % des patients ont consulté au maximum 7 fois en médecine générale. La quasi-totalité de ces derniers n'ont consulté qu'au maximum cinq fois des spécialistes non rhumatologues.  La première consultation rhumatologique a eu lieu entre 4 et 6 ans (52 %). Le DAS28-CRP montrait une activité de la maladie modérée chez 46,9 % des patients et élevée chez 37,8 %. Le HAQ était anormal dans 82,7 % des cas. La majorité des patients avaient bénéficié d’un traitement médical avant la consultation (74 %), qu'ils prenaient soit en automédication, soit sur prescription d'un médecin (46,9 %). 57,1 % des PR ont été référées par un médecin généraliste et 14,3 % ont consulté d’eux-mêmes.   En analyse univariée, les principaux facteurs associés au retard diagnostic étaient le nombre de consultations ≤ à 7 en médecine générale (p = 0,003), la durée de la maladie ≤ 6 ans (p < 0,001), le statut socio-économique bas (p = 0,018), la méconnaissance de la maladie (p = 0,028) et l’automédication (p = 0,043). Et en analyse multivariée, tous ces facteurs ont émergé comme associés au retard diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde, à l’exception de la durée de la maladie (p=0,448).

Conclusion

Cette étude met en évidence les facteurs associés au retard de diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde qui doivent faire l’objet d’une sensibilisation dans notre milieu.

 

Mots clés : retard diagnostic, Polyarthrite rhumatoïde, Kinshasa.

Références

Téléchargements

Publiée

05-01-2026

Numéro

Rubrique

Articles

Comment citer

1.
Facteurs associés au retard du diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde chez des patients suivis dans trois formations hospitalières de Kinshasa, République démocratique du Congo. Rhum Afr Franc [Internet]. 5 janv. 2026 [cité 27 janv. 2026];9(1):30-8. Disponible sur: http://rhumatoafrique.org/raf/article/view/100

Articles similaires

1-10 sur 40

Vous pouvez également Lancer une recherche avancée de similarité pour cet article.

Articles les plus lus par le même auteur ou la même autrice